Papa.
Oh oui, jen ai voulu à mon vieux
De me dire : tiens-toi mieux.
Oh oui, jen ai voulu à mon père
De ne pas me laisser faire
Tout ce dont javais envie.
Ce nétait pas une vie
De se faire engueuler tout le temps
Pour un peu, jaurais foutu le camp
Comme disent les jeunes maintenant
Je me serais cassé
Sans scrupule je laurais laissé tomber.
Il était sur mon dos
Du soir au matin
Même quand je ne disais mot
Il prenait son air chagrin
Cest pas une jeunesse ça
De se faire commander à tour de bras.
Et puis un jour je me suis surpris
A dire moi aussi :
Ne mets pas tes coudes sur la table
Ne te balance pas sur ta chaise,
Bon Dieu mais tiens-toi droit !
Chante autre chose que ces fadaises.
Le temps avait passé par là.
A mon tour, on mappelait papa.
Javais le sentiment de ma responsabilité
Javais le devoir de les éduquer
Et jai senti monter
Une larme dans mes yeux
Quand soudain je me suis mis à penser
Que javais peut-être oublié
De lui dire je taime à celui que jappelais mon vieux.