Un miroir pour 3 visages
Brobeck Jean-Paul
Mon 11 novembre à moi,


L’estafette venait de remonter à grand peine la tranchée. C’était une tranchée comme toutes les autres. Un boyau creusé de main d’hommes pour se donner l’illusion de pouvoir s’abriter.
Mais la tranchée est en réalité un véritable piège. Quand un obus tombe pile dedans, les éclats suivent le couloir tout tracé pour aller chercher ceux qui se cachent dans le moindre recoin.

L’estafette avançait donc dans la boue, essayant de maintenir un équilibre précaire.
Quand il arriva devant Eugène : il déclara : » le pitaine demande à te voir. »

Et le voilà repartis à contresens, essayant de ne pas se fiche la gueule parterre, baissant la tête quand un obus passait un peu trop bas.
« Tu vas voir, ils finiront par nous avoir…. »


Le « pitaine » avait aménagé une espèce de trou pour lui servir de bureau. Il avait trouvé une vieille table pour y étaler ses cartes. Et, c’est également là qu’il recevait ses ordres, les ordres d’un général, là-bas dans un château réquisitionné et qui, un verre de champagne à la main condamnait des hommes à la vie ou à la mort.

On était en 1917. Des hommes avaient refusé de montrer à l’attaque alors c’est leurs propres copains qui avaient été tirés au sort pour les fusiller.

Quand Eugène arriva devant la casemate, il passa ses mains dans les cheveux ; des cheveux qui n’avaient vu que la pluie et le casque.

- « entre Eugène »
- et Eugène entra et se mit au garde à vous.
- « Eugène, pour toi, la guerre est finie », et comme Eugène ne semblait pas comprendre, le Pitaine expliqua :
- « J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer mon brave. Ta femme est morte. Te voilà donc père de 3 orphelins. L’Etat Major a décidé que tu avais eu ton compte. Tu peux rentrer chez toi. »

Eugène ne vacilla pas. Eugène de pleura pas. La geurre avait réussi à lui enlever toute réaction humaine.

Alors Eugène salua. Il fit demi-tour et il partit.

Wittersdorf est un petit village du Sundgau alsacien juste un peu après Altkirch. C’est un village sur la route de la Suisse, de l’Allemagne aussi.

Et c’est par cette route qu’étaient arrivés les allemands, les casque à pointe comme on les surnommait. Les habitants avaient été évacués, évacués vers la Bavière et des familles allemandes vinrent prendre possession des maisons abandonnées bien malgré elles.

La femme d’Eugène était partie avec ses trois garçons. Il y avait Joseph né en 1900, Aloïs né en 1906 et Xavier, mon père, né en décembre 1910. On les avait envoyés en Bavière, juste de l’autre côté du Rhin.
Joseph fut placé chez un paysan car il avait assez de force pour taper sur le cul des vaches. Aloïs fut affecté à la garde des oies du curé et Xavier, à peine âge de 4 ans resta dans les jupes de sa mère.

La maman était d’ailleurs enceinte, dernière étreinte avant le départ à la guerre. Elle accoucha en 1917, d’une petite fille qui ne vécut pas. Et pourtant cette petite fille fit toujours partie de la famille, car des années plus tard, la seule évocation de son nom faisait monter les larmes dans les yeux des trois garçons.

Après le décès de sa fille, la maman du se mettre au travail. A l’époque on manquait de main d’œuvre. Les hommes étaient partis sur le front et les femmes essayaient tant bien que mal de tenir la ferme. Et comme s’il n’y avait pas assez de misère voilà que la nature se mit à faire des siennes. Elle envoyait une grippe que l’on disait venue d’Espagne pour achever ceux qui restaient debout. La maman des trois garçons soignait les malades et la grippe l’emporta en quelques jours.

C’est alors que la bourgmestre du village décida d’alerter les autorités et c’est de cette façon là qu’Eugène fut démobilisé.

On a bon dire ce que l’on veut, ce ne sont pas les gens qui font la guerre et même quand tout vous semble du plus noir, il reste toujours une lueur d’espoir.
Les gens du village firent donc la quête pour habiter de neuf les trois garçons et il fallait les voir dans leurs habits qui sentaient l’apprêt.

Quand Eugène arriva, il obligea ses garçons à remettre leurs vieux haillons pour ne pas salir les nouveaux vêtements. Il les enferma dans une valise qu’il déposa dans la consigne de la gare de Mulhouse, le temps de chercher à retrouver un semblant de famille.

La valise fut volée et les enfants furent confiés à un orphelinat, le temps que le père trouve un emploi.


Le 11 NOVEMBRE 2008, le monde fêtera la fin de la guerre qui fut l’une de plus meurtrière de l’histoire de l’humanité. Mais est-il encore permis de parler d’HUMANITE !

Les soldats vont s’aligner de façon impeccable devant le monument aux morts. Je ne veux voir qu’une seule tête !
Un clairon sonnera la sonnerie aux morts, la sonnerie de tous ceux qui ne reviendront jamais
Et puis les soldats retourneront dans leur caserne. On se réunira pour un cocktail, le petit doigt en l’air en évoquant le sort de ces tristes gens. Et puis on attendra une autre occasion de lever un verre


Tenez, je vais vous donner une bonne raison.

En mars 2006, j’ai été attaqué par le chien d’un notaire. Le chien erre depuis des années. La SPA est devenue amnésique surtout que le notaire a un frère avocat et un autre chirurgien.
Moi, je n’ai perdu que l’usage de ma jambe droite. Il faut bien que les chiens vivent a affirmé la femme du notaire.
Le chien m’a réattaqué 6 fois en deux ans. Le procureur de la République a classé mes plaintes. La police chargée de l’enquête a modifié mes dires. Quand le chien m’a attaqué pour la 6° fois en 2 ans j’ai brandi un revolver d’alarme et je suis entré dans le fichier Edwige pour attaque à main armée.

Mais il y a mieux encore. L’expert qui a procédé à l’expertise des séquelles affirme tout haut que ma jambe gauche est guérie. C’est pourquoi je porte une chaussure orthopédique à la jambe droite. Il affirme de façon péremptoire que j’ai repris toutes mes activités d’avant l’accident sans avoir jamais posé la moindre question de savoir quelles étaient mes occupations.
J’ai du mettre en vente ma maison parce que je ne peux plus monter les étages

Je crois encore à la Liberté, l’Eglité, la Fraternité,
J’ai donc écrit à Monsieur le Président de la République qui est resté muet.

Un grand père qui a fait 14/18
Un papa "malgré nous" mort en 1963 parce qu’un éclat d’obus lui à déchiré l’aorte
Il y a des choses plus importantes que cela.

Allez trinquons.
La guerre est terminée
L’injustice a pris la relève





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