Un miroir pour 3 visages
Brobeck Jean-Paul

Le Beaujolais nouveau est arrivé !

Qu’on se le dise
La belle affaire.
Cette année encore, on a engagé des eunologues, des psychologues, des publicitaires pour définir les tendances de la cuvée 2007.
On parle d’odeur de fruits rouges, parfois on parle de feuilles mortes
On est obligé de dire aux gens ce qu’ils vont trouver car on ne trouve que ce que l’on cherche.

Pour moi, le Beaujolais nouveau a un goût d’argent vite fait, un goût de fric, de coup de poker. Un coup de cochon de lait aussi, avec sa viande fade parce qu’on ne lui a pas donné le temps de mûrir, de s’affirmer, de devenir elle-même.

Quand je reçois un ami, et avec l’âge, cela devient plus rare, je descends à la cave. Je choisis une bouteille qui sommeille sous un manteau de poussière, manteau de temps aussi.
Je la remonte avec précautions, les mêmes que l’on utiliserait pour réveiller une princesse endormie.
On ouvre la bouteille, on décante le vin à la bougie, on l’habille d’une robe de cristal et l’on attend, on laisse le temps pour que l’alchimie entre le vin et l’air s’opère.
Alors, il se fait un grand silence et l’on déguste.
On parle de la robe, on vérifie la jambe.

Je ne suis pas un spécialiste du vin. Oh bien sûr je reconnais un vin blanc d’un vin rouge, mais qu’importe Bordeaux, Bourgogne, Chinon, Château Neuf du pape…

Mon vin a la couleur de l’amitié
La couleur de l’amour aussi. Mon vin ne se laisse pas servir dans des verres.
Il coule directement de cœur à cœur.

Santé !




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