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La vérité...
Nous venions tout juste de déjeuner quand il déclara :
je vais voir les informations.
Jusquici, rien détonnant.
Surprenant quand même quand vous saurez que il désigne celui que nous appelons avec moquerie le petit : Jean-Charles : sept ans et demi, la précision étant de rigueur.
Occupé à des tâches domestiques, je suivais dune oreille distraite lénumération des événements, des crimes : liste tristement journalière et qui finit par anesthésier la conscience.
Le journal télévisé terminé, le petit vient me rejoindre dun pas décidé.
- tu as entendu les nouvelles ?
- quelles nouvelles ?
- Et bien, lEspagne et le Portugal qui entrent dans le marché commun.
Je décidais alors de tenter une expérience :
- Cest quoi, le marché commun ?
- Cest quand on met tout ensemble, comme pour un pique-nique. Chacun partage ce quil a avec tous les autres.
- Et alors ?
- Chez nous, il y a trop de pommes de terre, et, en Espagne ils ont trop doranges. Alors on échange des pommes de terre contre des oranges ou des tomates. Les Espagnols ont même collé une étiquette sur chaque orange pour nous souhaiter une bonne année. Cest gentil, non ? Comme cela tout le monde sera heureux.
Du côté de Boulogne, les marins se résignent à laisser un peu plus de place aux pêcheurs espagnols. Du côté de Perpignan, on craint larrivée des vins dEspagne.
Sur le tapis vert, LEurope a posé ses problèmes, ses espoirs aussi.
On espère, on attend, pour vérifier sil a vu juste celui qui prétend
que la vérité sort de la bouche des enfants.
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